DSI : une espèce en danger ?

Les systèmes d’information des entreprises sont aujourd’hui totalement conquis par la numérisation et l’automatisation engagée depuis des décennies. Les informaticiens, plus nombreux et spécialisés au fur et à mesure des avancées technologiques et de leur adoption par les entreprises, doivent un service toujours plus fiable à de nombreux métiers. La compétition économique accentue la pression sur les équipes SI par l’exigence de qualité des utilisateurs et le besoin d’innover.

Dans ces conditions, il est objectivement difficile de penser que la fonction de DSI soit réellement en danger. En effet, même si cela doit être nuancé suivant le secteur d’activité, le DSI s’est imposé au fil des années comme un acteur important du comité de Direction.
Et pour cause. Garant du bon fonctionnement, de l’intégration et de la cohérence des systèmes d’information opérationnels, il est tout autant responsable de la mise en œuvre d’une stratégie venant soutenir le développement futur de son entreprise. Sans compter avec l’organisation et le management de ses équipes, ainsi que la gestion de son budget, des contrats d’achats et de sous-traitance relevant de son domaine.

Pourtant, depuis que la fonction existe au sein des entreprises, on évoque sa fin prochaine ! Force est de constater que les menaces sont nombreuses et souvent constantes, en liaison directe avec ses missions principales. Mais le DSI est toujours là. Il porte même des responsabilités toujours plus grandes pour assurer le fonctionnement et le développement de son entreprise, pour l’aider à s’adapter à la révolution numérique et en tirer profit.

Alors que faut-il penser de l’avenir des DSI ?
La première chose est de distinguer « le » DSI de « la » DSI.
En effet, le premier occupe un poste fortement exposé aux critiques, pour lequel on constate un turnover déraisonnable, presque irrationnel vu de l’extérieur. Ainsi j’ai appris récemment sans pouvoir vérifier cette information que la « durée de vie » d’un DSI dans une entreprise du CAC 40 est de 18 mois seulement! Âmes sensibles s’abstenir.
De son coté, la DSI, chargée de mettre en œuvre la stratégie ad’hoc est soumise à la menace permanente de l’externalisation, potentiellement boutée hors de l’entreprise comme pour la punir de coûter trop cher ou d’avoir failli à ses missions.

Cette situation est dangereuse pour les entreprises et entretien un climat d’échec difficile à vivre pour les DSI et leurs collaborateurs. Devenus des mercenaires ou bien des généraux sans armée, les DSI seraient ainsi privés de tout devoir de cohérence comme de vision à long terme. Inconcevable ! Car c’est toute l’entreprise qui perdrait alors un levier de pilotage essentiel de sa stratégie.

En définitive les DSI sont bien en danger, ils l’ont toujours été ! Mais comme précédemment ils devraient « survivre » aux nouvelles menaces auxquelles ils doivent faire face car tout simplement les entreprises n’ont jamais eu autant besoin d’eux pour rester elles même en vie. De là à ce que certains en profite pour briguer la Direction Générale, il n’y a qu’un pas… tant la stratégie SI se confond dans de nombreux secteurs de plus en plus à la stratégie business.

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